L’ouest du Labrador suspendu à une grève

 

La grève fut votée à 90% le 26 mars dernier par les 1,500 employés et membres de l’unité 5795 de l’USW (United Steelworkers), dont 1,300 à Labrador City et 200 à Sept-Îles.

Les négociations entre la compagnie minière IOC et le syndicat des travailleurs ont échoué sur deux points : L’augmentation salariale de 2,4% sur les cinq prochaines années jugée insuffisante et la proportion de 6% de personnels temporaires que le syndicat refuse, exigeant que tous les employés bénéficient des mêmes traitements de la convention collective.

La grève continue. Autant la communauté avait soutenu la décision de faire grève, autant elle s’inquiète des conséquences trop dommageables sur les conditions économiques générales.

La compagnie IOC durcit sa position en mettant en chômage tous ses employés à Sept-Îles n’ayant plus de minerai à transporter par train et par bateau. La compagnie a annoncé l’arrêt du programme de subvention communautaire (Community Investment program) ainsi que l’arrêt de la couverture médicale des employés en grève.

Toutes les entreprises de tous les secteurs d’activité ressentent une baisse importante de leurs revenus. Comme le disait Colin Vardy, l’ancien maire de Wabush, nous sommes une ville à un cheval (One horse town), pour dire combien toute l’économie de l’ouest du Labrador est fortement dépendante de l’unique mine en activité.

La chambre de commerce a réuni tous ses membres lundi 7 mars et a adressé une lettre à la compagnie IOC ainsi qu’au syndicat les exhortant à reprendre les négociations pour trouver un compromis qui mettrait fin à la dépression économique qui touche durement toute la communauté.

Les petites et moyennes entreprises sont les plus touchées n’ayant pas assez de ressources financières pour résister. On commence à noter des départs de travailleurs qualifiés vers d’autres provinces, notamment en Alberta, l’industrie pétrolière se remet à recruter.

Tout le monde redoute que la grève dure tout l’été, ce qui pourrait accélérer les départs de travailleurs et par suite de leurs familles.

La mine Scully que la compagnie TACORA devait redémarrer cet été est plus que jamais d’un intérêt vital pour notre région. Cette grève aura-t-elle une influence sur ce projet?

Personne n’ose avancer un pronostic, on ne peut qu’espérer une reprise du travail dans les prochains jours ou semaines.

Mustapha Fezoui